Le mental est comme un petit singe excité. Il court dans tous les sens, saute de branche en branche, incapable rester concentré. Il se crée la plupart du temps ses propres problèmes, les problèmes concrets de la vie ne lui sont pas suffisant. Il va chercher des poux chez les autres, il va se trouver des problèmes bien à lui, toujours insatisfait par lui-même et par les autres. Les branches de l’arbre voisin semblent toujours mieux que les siennes alors il va errer d’arbre en arbre à la recherche du bonheur.
Il pourra agir de la sorte sans savoir qu’il court après lui-même, il n’y a que lorsqu’il aura mis un miroir devant lui et qu’il se fera face qu’il trouvera son bonheur. Avant que petit singe puisse se trouver, avant qu’il puisse rester suffisamment calme pour que la boue de son esprit se dépose, pour enfin se voir apparaître dans le miroir de la vie, il doit se calmer, il doit se centrer. Il doit se détourner de son agitation en lui donnant quelque chose d’agréable à faire qui va le garder occupé et le faire taire.
Ce quelque chose d’agréable c’est la méditation. Cela peut paraître austère au début, mais les qualités plaisantes vont très rapidement se manifester. Mais comment méditer ? Dans la jungle de la littérature spirituelle, de gestion du stress et le new age, vers quel choix se porter ? On pourrait écrire livre de 500 pages sur la méditation, mais les principes sont très simples en vérité.
La méditation va révéler à quel point ce qui est dit à propos du petit singe est vrai pour notre mental, c’est effrayant mais il vaut mieux en rire. Pour certains cela peut-être un véritable choc et une prise de conscience mais sachez que cela est normal dans le sens que nous n’avons jamais appris à faire autrement.
Pour ceux qui préfèrent un exercise de méditation plus simple et moins “académique” il est conseillé de lire cet article sur la lumière ou ce petit exercise énergétique. Si votre intention est de pratiquer sur le long terme, il est important de revenir sur cette page par la suite. Je vous invite également ma page qui parle de la science dans un contexte de méditation.
La méditation repose sur des principes simples qu’il ne faut jamais perdre d’esprit:
- Posture
- Intention
- Respiration
- Obstacles
- Visualisation
Posture
La posture doit être confortable, les Taoïstes, par leur pratique du Chi Kung, savent que rester assis en tailleur trop longtemps compromet une bonne circulation énergétique, raison pour laquelle ils méditent de préférence debout ou assis sur une chaise ou un pouf, ils choisiront une souche ou un tronc d’arbre si ils méditent dans la nature.
La posture doit donner un sentiment de solidité, on est comme un lion assis sur son trône qui dégage une force tranquille. Le dos est légèrement allongé sans contrainte et la tête légèrement rentrée, les yeux fermés. Dans le Zen il est préconsié de garder les yeux entrouverts pour éviter de devenir trop introvertis, c’est comme si on est à cheval entre le dehors et le dedans. C’est comme si un fil était attaché sur le somment de la tête et nous tirait délicatement vers le haut. Les pieds sont bien à plat en contact ferme avec le sol, on doit se sentir connecté à l’énergie terrestre à travers les pieds. Les mains sont placés dans la position qui nous semble la plus naturelle, soit sur les cuisses paumes vers le bas ou vers le haut, ou jointes l’une dans l’autre mais sans entrecroiser les doigts.
Une fois confortablement installé, faites quelques oscillations vers la gauche et la droite, d’avant en arrière pour assurer que vous n’êtes pas de travers. Laissez tomber vos épaules et prenez trois inspirations lentes et de plus en plus profondes comme si vous vous vidiez toutes traces de tensions. Cette technique peut être faite à tout moment de la journée pour se recentrer.
Intention
L’intention est très importante, nous devons savoir pourquoi nous méditons et l’attitude adoptée l’est tout autant. Si nous méditons c’est qu’en principe nous souhaitons en receuillir des fruits. Dans de nombreuses traditions ce qui est recherché c’est de devenir un être humain plus serein, plus stable psychologiquement parlant, plus calme, plus aimant et plus aimé, mieux connecté avec l’environnement, nous souhaitons développer la compassion envers tout les êtres vivants.
Ce qui est difficile à comprendre, c’est que nous ne pouvons pas aimer les autres si nous ne nous aimons pas d’abord. La priorité de la pratique est donc de développer l’amour de soi, non pas l’amour du petit soi, celui qui est plein de problèmes, mais l’amour du grand SOI, le soi qui est capable d’amour inconditionnel.
A première vue cela semble égoiste mais il n’en est rien, si l’amour “interne” se manifeste, il pourra rayonner, si il est éteint comment voulons-nous donner ce que nous ne possédons pas? L’intention est donc de développer les qualités d’amour mais il ne s’agit pas d’un amour fusionnel au risque de perdre son identité. L’intention comporte par conséquent une part de solidité et de sérénnité.
L’attitude générale qui doit s’en dégager est celle d’un prince, solidement assis sur son trône qui dégage une force tranquille et un amour qui rayonne autour de lui qui lui attire en retour amour et respect. C’est une position solide et non un amour fusionnel ou le sens de soi disparaît au profit d’une évanescence de l’esprit qui se dilue dans tout. Le sentiment d’être connecté va certes se manifester mais il n’enlève en rien la substance de l’être individuel.
Avant de commencer votre médition manifestez votre intention, comme par exemple:
Que par cette méditation
Elle me profite en premier lieu
Puisse ses effets rayonner sur mes proches
Autant que sur tous les êtres vivants
J’en fais le serment solennel
Respiration
Laissez maintenant la respiration reprendre son cours naturel et observez là mais sans intervenir pendant quelques instants. Concentrez-vous ensuite sur la sensation que procure l’air au fond de la fosse nasale avant l’endroit ou l’air redescend dans la gorge, c’est comme si vous essayiez de humer l’air, la sensation est très puissante à cet endroit proche du centre de l’odorat car ce point est directement raccordé au cerveau limbique responsable entre du plaisir, en court-circuitant les fonctions conscientes du cerveau, par conséquent, si vous diffusez de l’huile essentielle ou de l’encens, vous allez multipliez les effets de plaisir liés à la pratique.
Vous pouvez ensuite descendre votre attention dans la cage thoracique et ressentir les bienfaits de l’oxygène qui pénètre vos poumons. Ressentez les tensions dans la cage thoracique, sur l’avant, sur l’arrière, sur les côtés et laissez-les se dissoudre. Prenez conscience que les côtes s’ouvrent en fait par les côtés du corps et non vers le sternum. La cage thoracique va se détendre, la respiration va devenir plus ample.
C’est par la respiration que le corps élimine le Co2 et emmagasine l’air frais. Si la respiration n’est pas suffisante, les cellules ne reçoivent pas la dose d’oxygène nécessaire à leur bon fonctionnement, une accumulation de Co2 et de déchets métaboliques va s’installer créant des conditions d’acidose toxique précurseur à de nombreuses maladies cardiovasculaires, auto-immunitaires etc.
Prenez conscience du travail effectué par vos poumons et remerciez-les de tout ce qu’ils font pour maintenir votre corps en bonne santé. Prenez éventuellement conscience des mauvaises habitudes que vous avez vis-à-vis d’eux mais sans esprit de culpabilisation.
L’attention peut ensuite descendre dans le bas ventre. Une respiration détendue est principalement diaphragmatique ce qui a pour effet de donner un doux massage aux organes de la digestion. Tous ce qui se situe sous le diaphragme participe à notre digestion, une bonne digestion est gage de bonne santé, de la bonne évacuation des résidus non digérés.
Les aliments riches et épicés, les aliments artificiels, agents de saveurs, sucres artificiels etc., les aliments qui ont perdus leur âme naturelle et qui prennent trop de temps à digérer laissent derrière eux des toxines qui passent à travers le côlon et qui contribuent à empoisonner l’organisme. Prenez conscience du miracle de la digestion et respectez votre corps en lui donnant nourriture et boisson appropriée. Pendant votre méditation, remerciez vos organes du précieux travail qu’ils fournissent.
Revenez maintenant à votre respiration normalement en plaçant votre attention ou il vous plaira. Vous pouvez aussi refaire le tour gorge, poumons et bas ventre.
Avec un peu de pratique vous pourrez essayez de placer votre attention dans le fond de votre gorge, dans vos poumons et dans le bas ventre tout en même temps afin d’installer une verticalité de perception dans le corps. Sentez l’afflux et le reflux de l’oxygène dans votre corps entier, par vos pieds, par le somment de la tête, par vos doigts, etc. en prenant conscience de votre être en entier. La conscience va s’élargir, tout va devenir spacieux et lumineux, vous allez vous relaxer en vous-même, il va se produire un affaissement intérieur qui est la résultante d’un profond lâcher prise, vous allez être juste bien, vous n’aurez besoin de rien d’autre.
Assis, j’oublie
Innocent comme l’enfant
Les pensées passent comme des nuages
Dans le ciel de mon esprit
Ma lumière intérieure brille
Je suis la lumière du monde
Eternellement présente
Obstacles
Les obstacles à la méditation sont nombreux et le principal c’est notre mental, à l’image du petit singe cité en introduction, qui n’arrive pas à rester concentré plus d’un instant. Il ne sert à rien de s’énerver contre ce fait, c’est la nature même du mental mais avec la pratique, notre capacité de concentration va augmenter et la tendance à divaguer va aller en diminuant, il faut donc persévérer et être indulgent, ne pas exiger des résultats, il faut juste être patient et tout viendra en son temps.
Il peut y’avoir tout à coup ce truc super important à faire que l’on ne dois absolument pas oublier… tsk tsk tsk – encore un mauvais coup du petit singe, mettez cela de côté et revenez à votre souffle, laissez glisser les pensées comme si elles ne nous appartenaient pas, ce qui, dans un sertain un sens est vrai, mais seule une pratique régulière peut le révéler . Si une pensée devient obsessionnelle, notez-la sur un papier et revenez à votre méditation.
Un autre obstacle est l’inconfort. Si la position adoptée génère de l’inconfort, il suffit d’y remédier, s’appuyer quelques instants sur le dossier de la chaise peut libérer une tension accumulée dans le dos par exemple. On peut avoir des sensations de pertes de sensibilité au bout doigts, cela peut provenir du coude qui appuye trop, de l’épaule qui est trop en avant, d’une raideur de la nuque, il ne faut pas hésiter à bouger un peu de temps en temps.
La somnolence peut nous gagner auquel cas on se retrouve dans un état de sous conscience léthargique. L’esprit peut être agité, léthargique ou neutre. C’est la neutralité qui est recherchée, c’est un état de conscience tranquille mais très vigilant avec un sentiment d’être vivant. Ces trois états sont vos repères pour savoir si vous êtres dans le vrai.
La tête peut tourner ce qui indique que vous ne laissez pas votre corps décider de l’air qu’il doit inspirer, laissez faire votre corps. Cela peut aussi indiquer des tensions dans l’abdomen ou la cage thoracique, vérifier que ces zones sont bien détendues en rectifiant si nécessaire votre position.
Si vous n’arrivez pas à rester concentré et que vous être mentalement trop agité c’est pas grave, cela ne veut pas dire que la méditation ne sera pas utile, bien au contraire, nous devons accepter tout ce qui arrive pendant une méditation, il y’a des jours qui sont différends des autres jours c’est tout et il ne faut espérer changer des dizaines d’années mauvaises habitudes en quelques jours.
Pour calmer un mental agité, on peut consciemment et momentanément influer sur notre respiration en respirant volontairement de manière lente et profonde, ce qui va stimuler le système para-sympatique en calmant le corps et le mental. On peut également lever très légèrement la tête en levant les yeux vers le ciel tout en les gardant fermés, cela a pour effet d’augmenter la production d’onde dites “alpha” qui sont les ondes de la relaxation mentale.
Chez d’autre personnes, les yeux fermés peut provoquer un accroissement de leur activité mentale, mais cela est souvent confondu avec le fait que tout à coup on prend conscience de nos pensées alors qu’elles n’ont en fait pas augmentées. Le Zen recommande de garder les yeux mi-clos, à cheval entre les deux mondes, n’hésitez pas à essayer cette variante.
Décrochez le téléphone avant la méditation pour ne pas être dérangé. Prévenez les membres de votre famille que vous aller méditer et mettez un panneau « ne pas déranger » sur la porte. Le meilleur moment pour la pratique est de se lever 30-40 minutes plus tôt que d’habitude ainsi on n’est pas dérangé. La méditation est la plus profitable le matin, essayez de méditer le soir en rentrant avec la tête encore pleine de soucis, c’est plus difficile, le soir, de la relaxation peut s’avérer plis intéressante, j’en parlerai dans une autre page.
Donnez-vous 3 semaines, faites l’effort pendant trois semaines de méditer 20 minutes par jour. 3 semaines c’est le temps que l’roganisme à besoin pour opérer un changement qui soit durable. 3 semaines et ensuite vous jugerez par vous-même si vous voulez continuer en fonction des résultats, car en 3 semaines il y’aura des résultats c’est certain. 3 semaines c’est peut-être le temps qui opérera un changement radical dans votre vie.
La visualisation
Pratiquer de la visualisation est facultative, l’essentiel de la pratique de la méditation peut se faire en restant centré sur sa respiration. Il existe des techniques de visualisation à but thérapeutique, d’autres à but de développement personnel, des visualisations basées sur les divinités, des visualisations qui enrichissent notre pratique méditative. C’est de cette dernière dont nous allons parler ici. Dans d’autres pages, je parlerai de pratiques de visualisation basée sur les réservoirs énergétiques du corps tel que définis par le Chi Kung.
Lors de la méditation nous cherchons à nous maintenir dans notre centre mais le mental à tendance à partir dans tous les sens, il nous faut par conséquent constamment revenir à notre méditation, revenir à notre respiration. Pour varier ce sur quoi nous plaçons notre attention, nous pouvons utiliser la visualisation. Imaginez un panorama ou une scène qui évoque pour vous les qualités que vous recherchez par votre partique de la méditation, développez cette image au fil du temps, elle sera un refuge que vous pourrez utiliser en tout temps, même en dehors de votre pratique méditative.
Chaudement enroulé dans la couverture, les braises sont encore chaudes. Le soleil levant filtre timidement au travers de la brume formée à la surface de l’eau du lac. Au loin on perçoit le bruit d’une petite cascade.
J’attends
Les rayons du soleil se font plus ardents, dissipant légèrement la brume, ils me chauffent le visage et illuminent la condensation de ma respiration. Une chouette au loin, lance son dernier cri nocturne.
J’attends
L’eau bouillonne doucement dans la petite casserole posée sur les braises, le thé peut être servi. La tasse réchauffe les mains et le breuvage brûlant réchauffe le corps. Lentement la nature s’éveille et on entends les premiers chants d’oiseaux.
J’attends
Mon regard se porte vers le ciel bleu. Un nuage isolé, léger et insouciant est poussé par le vent. Je vais rester encore un moment, un moment d’éternité.



Je lis tous vos articles, c’est du pur bonheur, merci pour tout.
Merci, ce commentaire me va droit au coeur, j’espère continuer comme ça